Archives par mot-clé : Brésil

Voir et revoir Tonacci

Patricia Mourão

 

Já Visto Jamais Visto

 

La dernière image que nous laisse Andrea Tonacci, le dernier plan de son ultime film, Já Visto Jamais Visto (2013), est une image de lui-même. Il fait nuit, il est assis sur son lit, peut-être seul, ou tout au plus avec quelqu’un qui le filme. En plein cadre, il lit, dans sa langue maternelle ­– l’italien – un extrait du Mépris (1954) d’Alberto Moravia. Le texte oppose deux types de réalisations cinématographiques : d’un côté, une équipe aux relations artificielles, de l’autre, l’estime, l’affection et l’amitié entre le réalisateur et ses collaborateurs. Cette deuxième combinaison est rare, estime Moravia par la voix de Tonacci, « de même, en réalité, que les bons films sont rares. » Continuer la lecture de Voir et revoir Tonacci

Andrea Tonacci, le cinéma du désordre et de l’infini

Par Sylvain George

Initialement paru sur le site http://www.lafuriaumana.it

« O filme nos obriga a chegar a uma forma porque você tem que fazê-lo.
Mas para chegar nisso é o contrário de uma rigidez, de uma escolha a priori de como tem que ser.
É, de fato, um momento de perda desse tipo de coisa. É mais um instante de “tchau-eu”. »

Andrea Tonacci

J’ai rencontré Andrea Tonacci il y a peu, en août 2015, au Brésil, au Festival Fronteira, sis à Goiana. Continuer la lecture de Andrea Tonacci, le cinéma du désordre et de l’infini

SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

par Lucia Ramos Monteiro (15 avril 2015)

texte initialement paru sur le site www.debordements.fr

SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

 

Le film s’ouvre sur l’image, tournée en 35mm noir et blanc, d’un Indien seul dans une clairière. Avec des gestes précis, il allume un feu et s’installe. Maintenant en couleurs, le film montre un groupe d’Indiens, adultes et enfants, dans ce qui pourrait être la même clairière. Ils jouent, se baignent dans une rivière, puis quelqu’un ravive une braise. Après l’image violente du passage d’un train à grande vitesse à travers la forêt, le jeu d’alternance noir et blanc / couleurs, qui ponctuera d’ailleurs tout le film, se trouve enrichi par l’arrivée d’images de textures et de provenances hétérogènes — 35mm, vidéo, extraits issus d’émissions télévisées, de films institutionnels, de documentaires, de longs-métrages. Ce n’est qu’après ce montage d’images d’archives, terminé à la 25ème minute du film, que nous voyons apparaître à l’écran le titre : Serras da Desordem. Continuer la lecture de SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

TONACCI : LE CINEMA, L’AFFECTION ET LA VOCATION DU DOUTE

par Cristina Amaral

 

Andrea Tonacci

La force et la beauté du cinéma d’Andrea viennent d’abord, selon moi, de sa posture intègre et inquiète, qui ne s’accommode pas de certitudes, ne suit aucune formule et ne ment jamais. On ne trouvera pas, dans ses films, un seul photogramme dans lequel il n’ait cru complètement.

Ce cinéma désobéissant et risqué qui jaillit de l’écran avec la chaleur, le rythme cardiaque, l’odorat, l’engagement de la vie, ne cède pas à la vanité, au marketing, à l’argent. Il a du caractère, ne se plie pas aux stratégies et exige que nous, spectateurs, ayons également un regard plus attentif, plus réfléchi et moins passif. Il ne simplifie jamais et ne rentre dans aucune case. Il ne s’explique pas. Continuer la lecture de TONACCI : LE CINEMA, L’AFFECTION ET LA VOCATION DU DOUTE