Capsule #3 : Rencontre avec Rouge International

Vendredi 30 mars, ParisDOC a proposé la 3e et dernière Capsule de cette 5e édition. Celle-ci était l’occasion d’une rencontre entre les professionnels présents et les deux dirigeantes et fondatrices de Rouge International, Julie Gayet et Nadia Turincev.

Après une rapide introduction de la part d’Anaïs Desrieux, responsable de ParisDOC, la modératrice Pamela Pianezza, journaliste et photographe, a brièvement résumé le parcours et la personnalité de chacune des deux femmes ainsi que les faits d’armes de Rouge International qui compte notamment, dans son line-up, des films tels que Grave, Mimosas, Visages, Villages, L’insulte, The Ride ou encore Des bobines et des hommes. Pamela Pianezza a également rappelé le mantra de la société qui est que « L’universel commence quand on pousse les murs de sa cuisine ».

D’ailleurs, à la question, « Qu’est-ce qu’un film Rouge International? », Julie Gayet et Nadia Turincev ont fait preuve de cette universalité revendiquée, de cet éclectisme en expliquant qu’il n’y avait pas de types de film, que ce qu’elles souhaitent avant tout c’est d’être surprises : « Nous voulons faire des films que nous n’avons pas l’impression d’avoir déjà vus et cela dépend surtout du regard du ou de la cinéaste. On ne met pas les films dans des cases, peu importe qu’ils soient documentaire ou fiction, il faut juste qu’ils nous touchent par leurs thèmes et leurs approches » ont-elles ainsi expliqué. Si le choix des projets est basé sur l’unanimité du tandem, la prime au coup de coeur est également une de leur principale façon de fonctionner.

Julie Gayet et Nadia Turincev se connaissent depuis 1993. La première est actrice et particulièrement intéressée par la production. La seconde travaille dans la production mais aussi en tant que directrice artistique notamment pour le Festival de Moscou ou au comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs. L’envie de créer Rouge International en 2007 est donc née de ce désir de production, de voir naître des auteurs et de les accompagner : « Un an après notre lancement, ce fut la crise financière de 2008. Ils nous a donc fallu revoir tous nos plans de financements qui se retrouvaient divisés par trois » a expliqué Julie Gayet. En suivant un principe d’honnêteté sur le prix réel des films, les deux femmes se sont également rapidement tournées vers l’international en utilisant particulièrement la notion d’equity pour financer leur film grâce à des fonds privés étrangers.

Si l’idée de faire quelques gros films pour financer les plus petits leur a traversé l’esprit, ce n’est pas ce qu’elles ont finalement privilégié. Récemment, elles ont eu la preuve que leur choix était le bon lorsqu’elles ont coproduit Tout là haut de Serge Hazanavicius, film à gros budget. Elles se sont alors aperçues que ce type de modèle ne leur convenait pas vraiment : « Nous avons essayé d’appliquer des méthodes de production de films d’auteur sur un film à 10 millions d’euros mais ça s’est avéré ne pas être une très bonne idée ». L’important pour le duo est avant tout d’être « cohérent » dans son approche du financement : « Nous sommes encore encore à la recherche de l’équilibre mais nous savons que c’est par la cohérence que nous parviendront à gagner sur tous les tableaux. Cest aussi pour ça que nous nous lançons dans la distribution » précise alors Nadia Turincev.

En effet, depuis l’an dernier, avec l’ajout d’Emilie Djiane à leur équipe, Rouge International a créé Rouge Distribution. Après Des bobines et des hommes en octobre dernier, la société distribue actuellement The Ride de Stéphanie Gillard et prépare les sorties de Have a nice day de Liu Jian, Family Film d’Olmo Omerzu et Shut up and play the piano de Philipp Jedicke. Si le but n’est pas de distribuer que des films produits par Rouge, il est certains que cet organe de distribution est aussi un avantage pour elles et leurs productions-maison : « Nous avons suivi le film depuis ses débuts, ce qui permet un travail au long cours et le développement d’une stratégie plus forte, mais aussi d’avoir de nouveaux financements, et, au bout du compte, de gagner du temps ». Cette stratégie s’établit également avec les festivals qui sont centraux dans le parcours et la notoriété d’un film : « C’est important de savoir quel festival est fait pour quel film. Mais aussi à quelle période du festival ce dernier doit être montré. Ça nous est arrivé avec Fix Me à Sundance, notre premier festival avec un de nos longs métrages. Or il a été diffusé après le 1er weekend, quand il n’y avait plus personne! On a bien appris la leçon, on ne se fera plus avoir! Si les festivals sont importants, pour la sortie salle, il faut aussi penser plus large et s’intéresser au contexte de sortie (expos, théatre…) qui pourrait nous convenir ou auquel nous pourrions nous allier. Il faut penser global ».

Production, distribution, une volonté d’aller vers les ventes internationales également? « Peut-être » a dit Nadia Turincev d’un air mystérieux.

Enfin, au niveau du nombre de ses salariés, le chiffre est très mouvant mais la société ne peut aller au-delà de huit employés, pour le moment, pour des raisons budgétaires. De la même façon, les locaux ont bien changé, passant du salon de Julie Gayet à leur propres bureaux avec notamment des tables de montage. Ce qui est bien pratique, notamment pour les plus petits films. De surcroit, le tandem est particulièrement intéressé dans la post-production : « Dans la plupart des films étrangers que nous produisons, nous participons beaucoup au développement du scénario mais nous n’assistons pas au tournage, qui est souvent suivi par l’équipe de production locale. Nous reprenons souvent la main sur le film au moment de son montage ».

Avec des films primés dans de multiples festivals et nommés dans de nombreuses cérémonies de prix, que peut-on souhaiter à Julie Gayet et Nadia Turincev : « Une sélection en compétition à Cannes, ce serait vraiment bien ». Réponse le 12 avril.

SAMEDI 31 MARS // PALMARÈS

Soirée de palmarès, discours d’Andréa Picard
Marceline Loridan-Ivens pour la remise du prix Joris Ivens
James Benning (L. Cohen) – Grand Prix Cinéma du réel remis par Alice Diop et le jury international
Leonor Teles – Prix international de la SCAM remis par le jury international
Marine de Contes (Les Proies) – Prix de l’Institut Français – Louis Marcorelles remis par le jury de la compétition française
Marceline Loridan-Ivens pour la remise du prix Joris Ivens
Donal Foreman (The Image you Missed) – Prix de la musique originale remis part Cosmic Neman
Grégoire Beil (Roman National) – Mention du Jury de la compétition française
Discours du jury jeune
Discours du jury premiers films et courts métrages
Jury des bibliothèques
Jury de la compétition française
Commission nationale d’images en bibliothèques
Prix des détenus de la maison d’arrêt de Bois-d’Arcy remis par Suzanne de Lacotte
Gustavo Vinagre – Prix Joris Ivens
Perfromance du groupe Aquaserge avant la séance de clôture Un film d’Aquaserge
James Benning, Andréa Picard et Antoine Thirion
Guillaume Bordier pour Un film d’Aquarserge
Andréa Picard
Daniel Foreman
Antoine Bourges
Table ronde – Que ferais-je de cette épée ?
James Benning
Ben Russel et Ben Rivers
Amélie Derlon Cordina pour Saints’ Game (séance spéciale CNAP)
Débat avec Pedro González Rubio pour Antígona
Markus Nornes présente la Rétrospective Ogawa et Ogawa Pro

ENTRETIEN AVEC KHALIK ALLAH

Entretien avec Khalik Allah pour son film Black Mother . Il raconte son parcours d’artiste irano-jamaïcain né à New-York, photographe dans un premier temps, puis cinéaste jusqu’à la confection de Black Mother, film organique et spirituel.

Le blog du festival international de films documentaires