Category Archives: La 40e ÉDITION

LES FILMS EN COMPÉTITION INTERNATIONALE

“Kinshasa Makambo”, Dieudo Hamadi

Anni
ZHU Rikun

80’, 2018, Chine/China

Un aperçu de l’activisme chinois actuel : à Hefei, en 2013,  Anni, 10 ans, brièvement enlevée par la police secrète, se voit ensuite interdite d’accès à son école, manifestement parce que son père est un dissident fraîchement installé en ville. Autour d’eux, la résistance s’organise.
A glimpse of ongoing activism in China: in Hefei, in 2013, 10-year-old Anni is briefly taken away by the secret police and then finds herself barred from school, ostensibly because her father is a dissident who has recently settled in the city. Around them, resistance begins to take shape.

 

Antígona (Antigone)
Pedro Gonzalez Rubio

88’, 2018, France-Mexique/France-Mexico

« Qui est-ce que j’implore pour aider mon désir ? » L’aventure théâtrale d’un groupe d’étudiants de Mexico qui montent Antigone et portent dans leur vie familiale et politique le même engagement émotionnel que sur les planches.
“Whom shall I implore to further my desire?” The theatre adventures of a group of Mexican students who are putting on Antigone, and who inject the same emotional commitment into their family and political lives as they do on stage.

 

Fotbal infinit (Infinite Football)
Corneliu Porumboiu

70’, 2018, Roumanie/Romania

Quand il apprend qu’un ami d’enfance de son frère a inventé un nouveau sport en modifiant les règles du football, Corneliu Porumboiu revient le filmer dans sa ville natale. Entre utopie et résilience, l’employé de la préfecture a trouvé dans cette réinvention une planche de salut.
When he learns that his brother’s childhood friend has invented a new sport by modifying the rules of football, Corneliu Porumboiu returns to film him in his hometown. Somewhere between utopia and resilience, the local bureaucrat finds salvation in this reinvention.

 

Kinshasa Makambo
Dieudo Hamadi

74’, 2018, RDC-France-Suisse-Allemagne-Qatar, Norvège /Democratic Republic of Congo-France-Switzerland, Germany, Qatar, Norway

Fin 2016 et début 2017, Dieudo Hamadi filme les jeunes gens de Kinshasa qui se rebellent contre le pouvoir dictatorial de Joseph Kabila. Ils s’interrogent : faut-il que leur révolution s’appuie sur les partis existants ou qu’elle demeure informelle et clandestine ?
In late 2016 and early 2017, Dieudo Hamadi films young people in Kinshasa rebelling against Joseph Kabila’s dictatorial power. They are asking themselves questions: should their revolution seek support from existing political parties or remain informal and underground?

 

L. COHEN
James Benning

45’, 2017, USA

Vue de champs agricoles dans l’Oregon en un jour très spécial : la discipline féconde et radicale de James Benning prend un tour élégiaque et sublime.
A view of Oregon’s farmlands on a very special day: James Benning’s prolific and radical practice adopts an elegiac and sublime note.

 

Minatomachi (Inland Sea)
Kazuhiro Soda

122’, 2018, Japon-USA/Japan-USA

À Ushimado, petit village de la mer intérieure de Seto, au Japon, l’âge du dernier pêcheur, de la dernière poissonnière et de la commère du cru laissent deviner le déclin prochain de leur mode de vie traditionnel.
In Ushimado, a small village on the Seta inland sea in Japan, the advanced age of the last remaining fisherman, the last fishmonger and the local busybody signifies the imminent decline of a traditional way of life.

 

Rêver sous le capitalisme
(Dreaming Under Capitalism)
Sophie Bruneau

63’, 2017, Belgique/Belgium, WP

Alors que la caméra magnifie les lignes claires et les ouvertures de l’architecture des bureaux, douze rêveurs racontent comment le néo-management écrit les fictions cauchemardesques de leurs nuits.
As the camera magnifies the clear-cut lines and openings of an office architecture, twelve dreamers recount how neo-management is authoring the nightmarish fictions of their nights.

 

Terra Franca (Ashore)
Leonor Teles

82’, 2018, Portugal

Un an dans la vie du pêcheur lisboète Albertino Lobo, entouré de sa femme Dalia et de ses filles, dont l’aînée s’apprête à se marier. La fin d’un cycle de vie, à hauteur de barque et de regard.
A year in the life of Albertino Lobo, a Lisbon fisherman, who is surrounded by his wife Dalia and his daughters, the eldest of whom is preparing for her wedding. It is the end of a life cycle, from a solitary fisherman’s point of view.

 

Unas Preguntas (One or Two Questions)
Kristina Konrad

237’, 2018, Allemagne-Uruguay/Germany-Uruguay

Fin1986, en Uruguay, la parole politique se libère dans les rues après 20 ans de répression. Dans ces rushes inédits, Kristina Konrad interroge les électeurs, appelés à plébisciter une loi d’amnistie pour les tortionnaires de la dictature.
In Uruguay in late 1986, there is a growing freedom to talk about politics after 20 years of repression. In these unseen rushes, Kristina Konrad offers her microphone to the electors, as they are called upon to vote on a law amnestying the dictatorship’s tormentors.

 

Waldheims Walzer (The Waldheim Waltz)
Ruth Beckermann

93’, 2018, Autriche/Austria

À partir d’archives et de vidéos qu’elle a elle-même tournées au milieu des années 1980, Ruth Beckermann questionne le processus de découverte et de déni du passé nazi de l’ancien Secrétaire-Général de l’ONU, Kurt Waldheim, pendant la campagne qui l’a mené à la présidence de l’Autriche.
Based on archival footage and videos that she shot in the mid-1980s, Ruth Beckermann cleverly queries the wavering revelations and denials of former UN Secretary-General Kurt Waldheim’s Nazi past during the campaign that resulted in his becoming Austria’s President.

 

Zentralflughafen THF (THF – Central Airport)
Karim Aïnouz

97’, 2018, Allemagne-France-Brésil/Germany-France-Brazil

À Berlin, l’aéroport désaffecté de Tempelhof, jadis pièce maîtresse du programme hitlérien de réarmement, sert aujourd’hui d’hébergement d’urgence pour les demandeurs d’asile. Ces vastes hangars s’organisent en ville miniature.
In Berlin, the abandoned Tempelhof airport, formerly a key component of Hitler’s rearmament programme, now serves as an emergency shelter for asylum seekers. These huge aircraft hangars have become arranged like a miniature city.

LES FILMS EN COMPÉTITION FRANÇAISE

“L’Empire de la perfection (In the Realm of Perfection)”, Julien Faraut

Djamilia (Jamila)
Aminatou Echard

82’, 2018, France

Au Kirghizstan, l’héroïne du roman de Tchinghiz Aïtmatov Djamilia (1958) constitue un puissant modèle pour les femmes, contraintes par les coutumes religieuses et familiales revenues en force après l’ère soviétique. À la rencontre de plusieurs générations, le film sonde leurs désirs, leur colère et leur exigence de liberté.
In Kirghizstan, the heroine of Chingiz Aitmatov’s novel Jamilia (1958) stands as a powerful role model for the women now constrained by the religious and family customs that returned with a vengeance after the Soviet era. In an encounter with several generations, the film explores their desires, anger and demand for freedom.

 

L’Empire de la perfection (In the Realm of Perfection)
Julien Faraut

94’, 2018, France

Montant des extraits de films d’instruction et d’autres tournés à Roland-Garros en 1985, Julien Faraut glisse du portrait du premier réalisateur de tennis, Gil de Kermadec, à celui de John McEnroe, dont la colère défie les lois psychologiques en n’entravant pas ses capacités stratégiques.
With his editing of excerpts from instructional films and other footage shot at Roland-Garros in 1985, Julien Faraut shifts from a portrait of the first filmmaker of tennis films, Gil de Kermadec, to a portrait of John McEnroe, whose strategic abilities were not impaired by his bouts of anger

 

L’Esprit des lieux (In the Stillness of Sounds)
Stéphane Manchematin, Serge Steyer

90’, 2018, France

Portrait gracieux d’un preneur de son spécialisé dans la nature qui passe ses nuits à enregistrer les cris et les bruits de la forêt avant de les partager avec sa fille, avec des écoliers invités à développer leur écoute ou avec un compositeur qui puise dans ses collections.
An elegant portrait of a sound engineer specialised in the natural world, who spends his nights recording noises in the forest, then shares them with his daughter, with schoolchildren invited to sharpen their hearing, and with a composer who draws on his collected sounds.

 

Les flâneries du voyant (Song of a Seer)
Aïda Maigre-Touchet

72’, 2018, Canada-France

Huis-clos dans la minuscule chambre-bureau-bibliothèque du poète, journaliste et acteur haïtien Dominique Batraville, qui rêve, lit, chantonne et crée dans la quiétude de l’avant- et de l’après-sommeil.
An intimate portrait shot in the tiny bedroom-office-library of Haitian poet, journalist and actor Dominique Batraville, who dreams, reads, hums and creates in the calm hours before and after sleep.

 

The Image you Missed
Donal Foreman

73’,2018, Irlande-France-USA/Ireland-France-USA

Donal Foreman a rarement vu son père, le documentariste américain d’origine irlandaise Arthur MacCaig, mort en 2008. Plongeant dans ses archives, il apprend à connaître ce Parisien d’adoption à travers ces images parfois inédites sur le sujet qui l’a occupé toute sa vie : le conflit nord-irlandais.
Donal Foreman rarely saw his father, the American documentarian of Irish origin, Arthur MacCaig, who died in 2008. Plunging into his archives, he gets to know this Parisian by adoption through the images he filmed on his lifelong obsession: the conflict in Northern Ireland.

 

Jusqu’à ce que le jour se lève
(Until the Dawning of the Day)
Pierre Tonachella

108’, 2017, France

Le cinéaste filme ses amis d’enfance, demeurés dans l’Essonne rurale où il a grandi. Leur quotidien de désœuvrement, de beuverie ou de travail est scandé par la musique. « Un film avec eux, pour aller chercher ce qui gronde dans l’oubli et les marges du territoire.» (Pierre Tonachella)
The filmmaker films his childhood friends who had remained in the rural Essonne region where he grew up. Their daily life of idleness, drinking or work is rhythmed by music. “A film made with them, to discover what is rumbling in the region’s forgotten and marginalised areas.”  (Pierre Tonachella)

 

The Night Readers
Mathieu Kleyebe Abonnenc

45’, 2018, France

Retour en images sur la guerre civile du Suriname, qui opposa entre 1986 et 1992 le colonel Bouterse, auteur du coup d’État de 1980, et son ancien garde du corps Ronnie Brunswijk, instigateur d’un jungle commando.
Revisiting in images the civil war in Suriname, which between 1986 and 1992 opposed Colonel Bouterse, leader of the 1980 military coup, and his former bodyguard Ronnie Brunswijk, founder of the Jungle Commando.

Les Proies (The Game)
Marine de Contes

53’, 2018, France

« Depuis leur cabane, des hommes scrutent le ciel automnal des Landes. Ils écoutent les bruissements de la forêt et guettent avec avidité le passage des oiseaux. Dans une étrange chorégraphie, ils tirent sur les ficelles du temps pour actionner leur piège. Mais leur terrain de jeu est menacé, et tout autour, les arbres tombent. » (Marine de Contes)
From their hut, men watch the autumn sky in the Landes. They listen to the rustling of the forest, on the lookout for passing birds. In a strange choreography, they pull on the strings of time to activate their trap. But their playground is under threat. All around, trees are falling.” (Marine de Contes)

 

Roman national (National Narrative)
Grégoire Beil

65’, 2018, France

Ce montage de vifs échanges entre jeunes gens via le chat vidéo Periscope passe de la futilité à l’inquiétude lorsqu’une actualité tragique perturbe le quotidien ludique du selfie.
This montage of rapid exchanges between youngsters on the video chat Periscope, moves from frivolousness to anxiety when a tragic news item disturbs the playful routine of the selfie.

 

Syn (Le Fils /The Son)
Alexander Abaturov

70’, 2018, France-Russie/France-Russia

En 2013, le cousin du cinéaste, engagé dans les Forces spéciales russes, est tué au Daghestan. Tandis que ses parents tentent de faire l’impossible deuil, ses camarades continuent leur entraînement, convaincus d’être « les défenseurs de la mère patrie ».
In 2013, the filmmaker’s cousin, enlisted in the Russian Special Forces, was killed in Dagestan. While his parents endeavour to get through their impassible grief, his comrades continue their training, convinced that they are the “defenders of the motherland”.

 

Western, famille et communisme
Laurent Krief

83’, 2018, France

Le cinéaste parcourt l’Iran en camping-car avec sa femme photographe et ses filles. Les paysages lui inspirent des scènes de western et infléchissent les jeux des deux sœurs tandis qu’à Paris, les manifestations de Nuit Debout imposent un tout autre rythme.
The filmmaker along with his photographer wife and daughters drives his camping car through Iran. The landscapes remind him of western-like scenes and change the two sisters’ games, while, in Paris, the events of the social movement, Nuit Debout, impose a very different rhythm.

LES FILMS EN COMPÉTITION INTERNATIONALE PREMIERS FILMS

“Wild Relatives”, Jumana Manna

Al di là dell’uno (Beyond the One)
Anna Marziano

53’, 2017, France-Italie-Allemagne/France-Italy-Germany

« Pas un film sur la famille, le couple, la communauté ou le polyamour. Plutôt les traces d’un acte d’existence. Une conversation où l’essai et la poésie s’entrelacent, parcourant la zone floue où nos êtres solitaires se lient, et où l’ambiguïté de notre vie intime et relationnelle commence.» (Anna Marziano)
“Not a film about the family, the couple, the community or polyamory. Rather the traces of an act of existence. A conversation where the essay and poetry are interlaced, crossing through that hazy area where our solitary beings form ties, and where the ambiguous life of our personal relationships begins.” (Anna Marziano)

 

Angkar
Neary Adeline Hay

70’, 2018, France

La réalisatrice filme son père, Cambodgien exilé, de retour dans le village de la jungle où il fut déporté pendant le génocide Khmer. Leurs voix-off font contrepoint aux conversations de cet homme apaisé avec ses anciens tortionnaires.
The filmmaker films her father, a Cambodian exile, on his return to the jungle village to which he was deported during the Khmer Rouge genocide. Their voice-overs provide a counterpoint to the father’s appeased conversations with his former tormentors.

 

Los Árboles (The Trees)
Mariano Luque

61’, 2017, Argentine/Argentina

Le grand-père du cinéaste, paysagiste, a conçu un vaste terrain, mi-bois mi-jardin, dans les Sierras Chicas de Córdoba, en Argentine. Sa nombreuse descendance vient à tour de rôle arroser le cèdre sous lequel ses cendres reposent  – l’occasion pour Mariano Luque d’un portrait familial diffracté par un vertige généalogique.
The filmmaker’s landscape gardener grandfather designed a vast area, half-woods and half-garden, in the Sierras Chicas in Córdoba, Argentina. His many descendants each take their turn to water the cedar under which his ashes are buried – Mariano Luque takes this opportunity to paint a family portrait in a dizzying kaleidoscope of genealogy.

 

Black Mother
Khalik Allah

75’, 2018, USA

Photographe réputé de la street culture, Khalik Allah s’immerge dans les voix et les visages de la Jamaïque en un collage qui va à la rencontre d’habitants de tout âge, des représentations qu’ils ont de leur île, de l’importance de la figure de la mère et des cultes revivalistes.
A well-known photographer of street culture, Khalik Allah immerses himself in the voices and faces of Jamaica in a collage that sets out to meet inhabitants of all ages, the representations they have of their island, the importance of the mother figure and rival cults.

 

Dom Boraca  (Home of the Resistance)
Ivan Ramljak

49’, 2018, Croatie/Croatia

Au Mémorial des résistants yougoslaves de la Seconde Guerre mondiale, dans la ville natale de Tito en Croatie, une présence humaine minimale assure encore à l’Histoire de furtifs mouvements.
At the Memorial Home for WWII Resistance Fighters of Yugoslavia, in Tito’s birth town in Croatia, a minimal human presence still ensures some furtive movements for history.

 

Fail to Appear
Antoine Bourges

70’, 2017, Canada

Isolde, assistante sociale dans un quartier défavorisé de Toronto, débute dans le métier avec un « client » énigmatique, Eric, musicien solitaire inculpé pour vol à l’étalage et rétif aux convocations du tribunal.
Isolde, a social worker in a poor district in Toronto, has as her first case assignment an enigmatic “client”, Eric, a solitary musician accused of shoplifting and averse to appearing in court. 

 

Harvest Moon
Zaheed Mawani

70’, 2017, Kirghizistan-Canada

En septembre, la famille Tagaev s’organise pour la récolte des noix, dans l’une des plus grandes forêts de noyers du monde, au Kirghizstan. L’ancienneté du savoir-faire et la relation à la nature n’excluent pas, au rythme des gestes quotidiens, qu’un passé plus récent ré-émerge, tressant politique et folklore.
In September, the Tagaev family gets ready to harvest walnuts in one of the world’s largest walnut tree forests, in Kyrgyzstan. Their age-old know-how and relationship with nature does not prevent a more recent past from rising to the surface, mixing politics and folklore.

 

Lembro mais dos corvos (I Remember the Crows)
Gustavo Vinagre

80’, 2018, Brésil/Brazil

Julia Katharine, nippo-brésilienne transgenre, reçoit chez elle le cinéaste (avec qui elle a déjà tourné). Avant que le jour se lève, elle évoque sa relation avec ses parents, un amour de jeunesse qui n’en était pas un, ses insomnies et sa passion pour le cinéma.
Julia Katharine, a Japanese-Brazilian trans woman, opens her door to the filmmaker (with whom she has already shot some short fiction films). Before day breaks, she evokes her relationship with her parents, a young love that never was, her sleepless nights and her passion for cinema.

 

Salarium
Sasha Litvintseva, Daniel Mann

425’, 2018, GB/UK

Partant de l’étymologie du mot « salaire », le film « creuse » le phénomène des dolines, ces trous béants qui, depuis 1980, font s’effondrer sur des dizaines de mètres les rives de la Mer morte, en Israël, endommageant routes et sites touristiques.
Starting from the etymology of the word “salary”, the film “digs” into the phenomenon of sinkholes, the gaping holes that since 1980 have caused dozen of metres of Israel’s Dead Sea shores to collapse, damaging roads and tourist sites.

 

Wild Relatives
Jumana Manna

65’, 2017, France-Liban-Norvège/France-Lebanon-Norway

Basé à Alep, le Centre international de recherche agricole dans les zones arides a été forcé de s’exiler à cause de la guerre, perdant sa collection de graines. Réimplanté au Liban, il puise dans la Réserve mondiale de semences de l’île norvégienne du Svalbard pour les dupliquer – une transaction qui engage le quotidien d’acteurs géographiquement et politiquement éloignés.
Based in Alep, the International Center for Agricultural Research in the Dry Areas was forced to relocate due to the war, and lost its collection of seeds. Re-established in Lebanon, it has replaced them using the Global Seed Vault on the Norwegian island of Svalbard – a transaction where geographically and politically distant actors interact on a daily basis.

 

 

LES FILMS EN COMPÉTITION INTERNATIONALE COURTS METRAGES

“The White Elephant” Shuruq Harb

Allegro Largo Triste
Aurélien Froment

36’,2017,  France-UK

Le musicien Franco Melis, sonneur de launeddas (clarinette polyphonique sarde), est filmé dans des lieux liés à la pratique de son instrument et de sa transmission, en des plans qui épousent rythmiquement les phrases musicales des sonates.
The musician Franco Melis, who plays the launeddas (a Sardinian polyphonic reed flute), is filmed in locations where his instrument is played and its art transmitted, in shots that rhythmically espouse the musical phrasing of the sonatas. 

 

Las Fuerzas (The Forces)
Paola Buontempo

17’, 2018, Argentine/Argentina

À l’école de jockeys (en l’occurrence celle de La Plata, en Argentine), les corps formés le sont pour rester légers et petits – complémentaires du corps du cheval.
At the jockey school (here, the La Plata school in Argentina), the bodies trained remain lightweight and small – to complement the equine body.

 

Gens du lac (People of the Lake)
Jean-Marie Straub

19’, 2018,Suisse/Switzerland

A la surface paisible du Lac Léman, sur la côte vaudoise duquel il s’est installé, Jean-Marie Straub fait remonter l’histoire d’une résistance locale qui a dessiné le paysage politique suisse de l’après-guerre.
On the northern shores of Lake Geneva where he has settled, Jean-Marie Straub brings to the water’s peaceful surface the history of a local resistance that shaped Switzerland’s post-war political landscape.

 

Jeny303
Laura Huertas Millan

6’, 2018, Colombie-France/Colombia-France

Le hasard a voulu que la cinéaste surimprime accidentellement sur la même pellicule 16mm le portrait architectural d’une université de Bogota, monument moderniste de brique imitant le Bauhaus, et celui de Jeny, millenial transgenre qui raconte son addiction à l’héroïne.
By chance, the filmmaker accidently superimposed on the same 16mm film stock the architectural portrait of a university in Bogota – a modernist Bauhaus-style brick monument – and the portrait of Jenny, a transgender millennial talking about her heroin addiction.

 

Monelle
Diego Marcon

16’, 2018, Italie/Italy

Réveillant par flashes intermittents les échos cachés dans l’obscurité de la Casa del Fascio à Côme, un geste sidérant mêle film structurel et cinéma de genre, images de synthèse et techniques photographiques.
Awakening through intermittent flashes the echoes hidden in the darkness of the Casa del Fascio in Como, an astonishing gesture mingles structural film and genre cinema, computer-generated images and photographic techniques. 

 

Olhe bem as montanhas
(Look Closely at the Mountains)
Ana Vaz

30’, 2018, France-Brésil/France-Brazil

Ana Vaz entrelace deux lieux éloignés, le Nord-Pas-de-Calais et l’État brésilien du Minas Gerais. Trois siècles d’extraction minière y ont marqué très différemment l’environnement et la mémoire.
Ana Vaz interweaves two distant places, the Nord-Pas-de-Calais region and the Brazilian State of Minas Gerais. Three centuries of mining have marked their respective environments and memories very differently.

 

Optimism
Deborah Stratman

15’, 2018, USA

« Faire descendre le soleil. Faire monter l’or » : Deborah Stratman fait résonner la nécessité de capter les rares reflets du soleil dans la cuvette qu’est Dawson City (Yucon, Canada) avec les éclats encore vifs de la ruée vers l’or qui s’y déroula à la fin du 19è siècle.
“Draw down the sun. Dig up the gold”: Deborah Stratman conveys the need to capture the rare reflections of sunlight in the valley of Dawson City (Yukon, Canada) through the still bright flashes of the gold rush that arrived in the town in the late 19th century

 

Saule Marceau
Juliette Achard

34’, 2017, France-Belgique/France-Belgium

Éloignée de son frère qui a quitté leur banlieue natale pour devenir éleveur dans le Limousin, la cinéaste vient filmer avec lui un western, genre qui a marqué leur enfance. L’épopée flanche, mais apparaît en creux la radiographie d’une petite paysannerie au bord de l’étranglement financier.
After growing apart from her brother, who left their suburb to become a livestock farmer in the Limousin, the filmmaker joins him to make a western, a genre that had marked their childhood. The epic peters out, but what emerges is the radiograph of a smallholder community on the brink of financial ruin.

 

Uppland
Edward Lawrenson

30’, 2017, UK-Irlande/UK-Ireland, WP

En compagnie d’un architecte étudiant la présence occidentale au Liberia, le cinéaste filme l’ancienne ville minière de Yekepa. Les ruines de ce qui fut il y a 50 ans « une vraie Amérique » au milieu de la savane et les témoignages des habitants ouvrent à une réflexion sur le coût géologique, économique et spirituel de la relation coloniale.
Together with an architect studying Western presence in Liberia, the filmmaker depicts the former mining town of Yekepa. The ruins of what fifty years ago was a “real America” in the middle of the savanna and the residents’ testimonies begin a reflection on the geological, economic and spiritual cost of the colonial relationship.

 

The White Elephant
Shuruq Harb

12’, 2018, Palestine

À partir d’images partagées sur Internet par des soldats israéliens lors de la Guerre du Golfe, de la Première Intifada ainsi qu’à des rassemblements de trance music, Shuruq Harb compose le portrait d’une adolescente palestinienne dans les années 1990, au miroir de la culture pop israélienne.
Using images shared on the Internet by Israeli soldiers during the Gulf War, the first Intifada or trance music gatherings, Shuruq Harb composes the portrait of a Palestinian teenager in the 1990s, in the mirror of Israeli pop culture.

 

Zwei Basiliken (Two Basilicas)
Heinz Emigholz

36’, 2018, Allemagne/Germany

Dialogue entre deux édifices religieux : la cathédrale di Santa Maria Assunta à Orvieto, et l’église protestante de Grundtvig à Copenhague. Aussi bien l’extérieur que les détails intérieurs des bâtiments sont porteurs d’idées on ne peut plus différentes sur l’architecture, la religion et la communauté.
A dialogue between two religious edifices: the cathedral of Santa Maria Assunta in Orvieto and the Protestant Grundtvig’s church in Copenhagen. Both the exterior and the interior details of the two buildings give rise to extremely different ideas on architecture, religion and community.

 

 

 

 

POUR UN AUTRE 68

Le répertoire du cinéma documentaire français sur mai 68 est très largement connu et officiellement canonisé par des livres, des coffrets DVD, des diffusions télévisuelles et festivalières. Avec cette rétrospective, nous souhaitons élargir ce corpus et tenter de voir 68 comme une énergie de création davantage que comme un anniversaire à fêter rituellement : un kairos de l’histoire qui a irrigué le monde bien au-delà de l’Europe et du cinéma militant classique. Sortir de l’eurocentrisme, de l’idéologie et de la nostalgie, pour trouver dans la différence des perspectives et l’hybridation des langages les clefs d’une lecture non-orthodoxe d’un phénomène complexe et irréductible.

L’objectif n’est pas se débarrasser de la mythologie 68, mais de la déconstruire pour la faire résonner ailleurs. Ce voyage nous emmènera au Mexique, en Palestine, aux États-Unis, en Amérique du Sud, en Inde et en Afrique. À un soulèvement social correspond toujours une révolution des formes artistiques : nous considérons 68 comme le moteur du cinéma documentaire le plus radical et le plus novateur. Ainsi, dans cette programmation, le cinéma expérimental se mêle aux ciné-tracts, les films d’artistes aux films de fiction, les performances théâtrales aux essais filmiques, les films-guérilla aux ciné-poèmes.

Federico Rossin, programmateur d’Un Autre 68

Brian De Palma, Dionysus in ‘69

10 séances :

NAM

Carlos Bustamante, De Oppresso Liber, 1968, 5’
João Silvério Trevisan, Contestação, 1969, 15’
Carolee Schneemann, Viet Flakes, 1965, 7’
Jack Chambers, Hybrid, 1966, 15’
Harun Farocki, White Christmas, 1968, 4’
Peter Nestler, Sightseeing, 1968, 10’
Walter De Maria, Hard Core, 1969, 27’

AGAINST THE ACADEMIC CULTURE

Robert Fulton, Reality’s Invisible, 1971, 53’
Michael Snow, Back and Forth, 1969, 53’

Leobardo López Arretche, El Grito

REPRESSION

Leobardo López Arretche, El Grito, 1968, 102’

PALESTINE

Kais al Zubaidi, الزيارة [The Visit], 1970, 10’
Christian Ghazi, مائة وجوه ليوم واحد [A Hundred Faces for a Single Day], 1969-1971, 64’
Carole Roussopoulos, Munich, 1972, 13’

GUERRILLA MEDIA

Helke Sander, Brecht die Macht der Manipulateure, 1968, 48’
Joaquim Pedro de Andrade, A linguagem da persuasão, 1970, 9’
Helena Lumbreras, El Cuarto Poder, 1970, 37’

S.N.S. Sastry, This Bit of That India

EXPLODING INDIA

S.N.S. Sastry, I Am 20, 1967, 19’
S. Sukhdev, And Miles to Go, 1967, 14’
S.N.S. Sastry, And I Make Short-Films, 1968, 16’
Pramod Pati, Explorer, 1968, 7’
S.N.S. Sastry, This Bit of That India, 1973, 20’
Pramod Pati, Trip, 1970, 4’
S.N.S. Sastry, Flash Back, 1974, 21’

CHAOSMOS

Mario Schifano, Umano non umano, 1969, 95’

RITUAL COLLECTIVE

Brian De Palma, Dionysus in ‘69, 1970, 85’

Sarah Maldoror

WOMANISTS

Sarah Maldoror, Monangambee, 1969, 18’
Madeline Anderson, I Am Somebody, 1970, 30’
Sara Gómez, Mi aporte, 1969, 33’

FOR ANOTHER HERITAGE

Dezső Magyar, Agitátorok, 1969- 1971, 69’

Dezső Magyar, Agitátorok

 

> POUR ALLER + LOIN

 

Walter de Maria
à propos de Hard Core
en anglais

Sarah Maldoror
biographie
portait paru dans L’Humanité

 

Leobardo López Arretche

 

Michael Snow
notice Quinzaine des réalisateurs