Category Archives: La 40e ÉDITION

MASTERCLASS OGAWA

Avec Markus Normes (professeur spécialisé en cinéma asiatique) et Ricardo Matos Cabo (programmateur).

Cette masterclass s’intéresse à la façon dont le collectif Ogawa Pro a créé de manière créative un cinéma qui encourageait le public à agir et ce qu’il en est advenu après que les passions politiques sont retombées.

Capsule #3 : Rencontre avec Rouge International

Vendredi 30 mars, ParisDOC a proposé la 3e et dernière Capsule de cette 5e édition. Celle-ci était l’occasion d’une rencontre entre les professionnels présents et les deux dirigeantes et fondatrices de Rouge International, Julie Gayet et Nadia Turincev.

Après une rapide introduction de la part d’Anaïs Desrieux, responsable de ParisDOC, la modératrice Pamela Pianezza, journaliste et photographe, a brièvement résumé le parcours et la personnalité de chacune des deux femmes ainsi que les faits d’armes de Rouge International qui compte notamment, dans son line-up, des films tels que Grave, Mimosas, Visages, Villages, L’insulte, The Ride ou encore Des bobines et des hommes. Pamela Pianezza a également rappelé le mantra de la société qui est que « L’universel commence quand on pousse les murs de sa cuisine ».

D’ailleurs, à la question, « Qu’est-ce qu’un film Rouge International? », Julie Gayet et Nadia Turincev ont fait preuve de cette universalité revendiquée, de cet éclectisme en expliquant qu’il n’y avait pas de types de film, que ce qu’elles souhaitent avant tout c’est d’être surprises : « Nous voulons faire des films que nous n’avons pas l’impression d’avoir déjà vus et cela dépend surtout du regard du ou de la cinéaste. On ne met pas les films dans des cases, peu importe qu’ils soient documentaire ou fiction, il faut juste qu’ils nous touchent par leurs thèmes et leurs approches » ont-elles ainsi expliqué. Si le choix des projets est basé sur l’unanimité du tandem, la prime au coup de coeur est également une de leur principale façon de fonctionner.

Julie Gayet et Nadia Turincev se connaissent depuis 1993. La première est actrice et particulièrement intéressée par la production. La seconde travaille dans la production mais aussi en tant que directrice artistique notamment pour le Festival de Moscou ou au comité de sélection de la Quinzaine des réalisateurs. L’envie de créer Rouge International en 2007 est donc née de ce désir de production, de voir naître des auteurs et de les accompagner : « Un an après notre lancement, ce fut la crise financière de 2008. Ils nous a donc fallu revoir tous nos plans de financements qui se retrouvaient divisés par trois » a expliqué Julie Gayet. En suivant un principe d’honnêteté sur le prix réel des films, les deux femmes se sont également rapidement tournées vers l’international en utilisant particulièrement la notion d’equity pour financer leur film grâce à des fonds privés étrangers.

Si l’idée de faire quelques gros films pour financer les plus petits leur a traversé l’esprit, ce n’est pas ce qu’elles ont finalement privilégié. Récemment, elles ont eu la preuve que leur choix était le bon lorsqu’elles ont coproduit Tout là haut de Serge Hazanavicius, film à gros budget. Elles se sont alors aperçues que ce type de modèle ne leur convenait pas vraiment : « Nous avons essayé d’appliquer des méthodes de production de films d’auteur sur un film à 10 millions d’euros mais ça s’est avéré ne pas être une très bonne idée ». L’important pour le duo est avant tout d’être « cohérent » dans son approche du financement : « Nous sommes encore encore à la recherche de l’équilibre mais nous savons que c’est par la cohérence que nous parviendront à gagner sur tous les tableaux. Cest aussi pour ça que nous nous lançons dans la distribution » précise alors Nadia Turincev.

En effet, depuis l’an dernier, avec l’ajout d’Emilie Djiane à leur équipe, Rouge International a créé Rouge Distribution. Après Des bobines et des hommes en octobre dernier, la société distribue actuellement The Ride de Stéphanie Gillard et prépare les sorties de Have a nice day de Liu Jian, Family Film d’Olmo Omerzu et Shut up and play the piano de Philipp Jedicke. Si le but n’est pas de distribuer que des films produits par Rouge, il est certains que cet organe de distribution est aussi un avantage pour elles et leurs productions-maison : « Nous avons suivi le film depuis ses débuts, ce qui permet un travail au long cours et le développement d’une stratégie plus forte, mais aussi d’avoir de nouveaux financements, et, au bout du compte, de gagner du temps ». Cette stratégie s’établit également avec les festivals qui sont centraux dans le parcours et la notoriété d’un film : « C’est important de savoir quel festival est fait pour quel film. Mais aussi à quelle période du festival ce dernier doit être montré. Ça nous est arrivé avec Fix Me à Sundance, notre premier festival avec un de nos longs métrages. Or il a été diffusé après le 1er weekend, quand il n’y avait plus personne! On a bien appris la leçon, on ne se fera plus avoir! Si les festivals sont importants, pour la sortie salle, il faut aussi penser plus large et s’intéresser au contexte de sortie (expos, théatre…) qui pourrait nous convenir ou auquel nous pourrions nous allier. Il faut penser global ».

Production, distribution, une volonté d’aller vers les ventes internationales également? « Peut-être » a dit Nadia Turincev d’un air mystérieux.

Enfin, au niveau du nombre de ses salariés, le chiffre est très mouvant mais la société ne peut aller au-delà de huit employés, pour le moment, pour des raisons budgétaires. De la même façon, les locaux ont bien changé, passant du salon de Julie Gayet à leur propres bureaux avec notamment des tables de montage. Ce qui est bien pratique, notamment pour les plus petits films. De surcroit, le tandem est particulièrement intéressé dans la post-production : « Dans la plupart des films étrangers que nous produisons, nous participons beaucoup au développement du scénario mais nous n’assistons pas au tournage, qui est souvent suivi par l’équipe de production locale. Nous reprenons souvent la main sur le film au moment de son montage ».

Avec des films primés dans de multiples festivals et nommés dans de nombreuses cérémonies de prix, que peut-on souhaiter à Julie Gayet et Nadia Turincev : « Une sélection en compétition à Cannes, ce serait vraiment bien ». Réponse le 12 avril.

LE PALMARÈS

LE GRAND PRIX CINÉMA DU RÉEL est attribué à

L.COHEN de James Benning (2017, USA, 45’)

 

LE PRIX INTERNATIONAL DE LA SCAM est attribué à

TERRA FRANCA (ASHORE) de Leonor Teles (2018, Portugal, 82’)

 

LE PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS – LOUIS MARCORELLES est attribué à

LES PROIES (THE GAME) de Marine de Contes (2018, France, 53’)

Mention à THE IMAGE YOU MISSED de Donal Foreman (2018, Irlande-USA-France, 73’)

et ROMAN NATIONAL (NATIONAL NARRATIVE) de Grégoire Beil (2018, France, 63’)

 

LE PRIX JORIS IVENS – CNAP est attribué à

LEMBRO MAIS DOS CORVOS (I REMEMBER THE CROWS) de Gustavo Vinagre (2018, Brésil, 80’)

 

LE PRIX DU COURT MÉTRAGE est attribué à

THE WHITE ELEPHANT de Shuruq Harb (2018, Palestine, 12’)

Mention à GENS DU LAC (PEOPLE OF THE LAKE) de Jean-Marie Straub (2018, Suisse, 18’)

 

LE PRIX DES DÉTENUS DE LA MAISON D’ARRÊT DE BOIS-D’ARCY est attribué à

SAULE MARCEAU de Juliette Achard (2017, France-Belgique, 34’)

 

LE PRIX DES JEUNES – CINÉMA DU RÉEL est attribué à

LEMBRO MAIS DOS CORVOS (I REMEMBER THE CROWS) de Gustavo Vinagre (2018, Brésil, 80’)

 

LE PRIX DES BIBLIOTHÈQUES est attribué à

RÊVER SOUS LE CAPITALISME (DREAMING UNDER CAPITALISM) de Sophie Bruneau (2017, Belgique, 63’)

Mention à AL DI LÀ DELL’UNO (AU-DELÀ DE L’UN / BEYOND THE ONE) d’Anna Marziano (2017, France-Italie-Allemagne, 53’)

 

LE PRIX DU PATRIMOINE DE L’IMMATÉRIEL est attribué à

HARVEST MOON de Zaheed Mawani (2018, Kirghizistan-Canada, 70’)

 

LE PRIX DE LA MUSIQUE ORIGINALE est attribué à

THE IMAGE YOU MISSED de Donal Foreman (2018, Irlande-USA-France, 73’)

Mention à SALARIUM de Sasha Litvintseva et Daniel Mann (2018, Royaume-Uni, 42’)

ParisDOC Capsules #1 // Meet the guests

Meet the Guests!

Ce lundi 26 mars était un jour de nouveauté au sein de ParisDOC. Créée en 2014, cette manifestation regroupe les événements et les activités destinés aux professionnels au sein du Cinéma du Réel. 

Les photos du 26 ici !

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour sa cinquième année, ParisDOC a mis en place pour la première fois les Capsules. Au sommet du Centre Pompidou, au coeur du restaurant Le Georges, les professionnels du documentaire sont allés à la rencontre des invités du festival de manière informelle autour d’un petit-déjeuner afin de faire connaissance, d’échanger mais aussi de discuter des enjeux fondamentaux de leurs métiers. 

Introduits par Anaïs Desrieux, responsable de ParisDOC, et Andréa Picard, directrice artistique du Cinéma du Réel, les guests se sont ensuite présentés chacun leur tour. Les professionnels présents ont ainsi pu rencontrer Mark Peranson, responsable de la programmation au festival de Locarno, rédacteur en chef du magazine Cinema Scope et juré de la compétition longs métrages, Léo Goldsmith, universitaire et co-dirigeant de la rubrique cinéma du Brooklyn Rail magazine ainsi que Bettina Steinbrügge, directrice du Hamburg Kunstverein et ancienne programmatrice pour le Forum Expanded de la Berlinale, tous deux membres du jury Premiers films et courts métrages. 

A leurs côtés se trouvaient Gerwin Tamsma, programmateur à l’IFFR (Pays-Bas), Gabor Greiner, directeur des acquisitions chez Films Boutique, Roland Loebner, coordinateur du DOK Film Market du festival international de documentaires LOK Leipzig (Allemagne), Ina Rossow, responsable festival chez Deckert Distribution, Manuela Buono, fondatrice et directrice des ventes et des acquisitions chez Slingshot films, Sandro Fiorin co-fondateur de Figa Films, Davide Oberto responsable de la sélection doc du Torino Film Festival (Italie) et co-directeur de Doclisboa (Portugal), Charlotte Selb, programmatrice pour RIDM, Hot Docs, Cinéma Moderne er critique pour 24 images (Canada) et Susana Santos Rodrigues, consultante internationale pour Karlovy Vary (République Tchèque), le Bildrausch Film Festival (Suisse) et distributrice pour VAIVEM (Argentine).

Deux autres Capsules sont prévues durant cette semaine autour, cette fois, de thématiques précises. Ainsi, mercredi 28 mars à 11h, Charles Hembert viendra parler de la distribution des documentaires sur les nouveaux médias tandis que vendredi 30 mars, même heure, Nadia Turincev et Julie Gayet viendront discuter de leur parcours avec Rouge International, société de production et de distribution qu’elles ont fondé ensemble en 2007.