Category Archives: Zoom avant

Andrea Tonacci, le cinéma du désordre et de l’infini

Par Sylvain George

Initialement paru sur le site http://www.lafuriaumana.it

« O filme nos obriga a chegar a uma forma porque você tem que fazê-lo.
Mas para chegar nisso é o contrário de uma rigidez, de uma escolha a priori de como tem que ser.
É, de fato, um momento de perda desse tipo de coisa. É mais um instante de “tchau-eu”. »

Andrea Tonacci

J’ai rencontré Andrea Tonacci il y a peu, en août 2015, au Brésil, au Festival Fronteira, sis à Goiana. Continue reading Andrea Tonacci, le cinéma du désordre et de l’infini

Interview with Ing K: Shakespeare Must Die and The Revolutionary Situation in Thailand

Nicole Brenez: Tell us about your education, formation, artistic environment.

Ing K: I’m an art school drop-out, so I am formed by life rather than by formal education, though I did have a good classical education both in Thailand and later in England (middle and high school). Continue reading Interview with Ing K: Shakespeare Must Die and The Revolutionary Situation in Thailand

Rebelles à Los Angeles. Un nouveau cinéma afro-américain

Marie-Pierre Duhamel Muller
En écoutant Paul Robeson

Passing through (Larry Clark)

Quelques-uns avaient crié casse-cou, mais c’est arrivé : le système électoral américain a porté au pouvoir la téléréalité des plus riches et des plus conservateurs. La rébellion travaille aujourd’hui, quotidiennement, la société américaine, mais ce n’est pas un hasard si l’un des premiers à se faire entendre fut le député John Lewis, héros du mouvement des droits civiques, fils de métayers de l’Alabama.

Sinistre actualité de films qui, depuis trente ou quarante ans, ne cessent de parler au présent : ces pensées, ces colères, ces émotions et ces musiques viennent de celles et ceux qui se sont emparés du cinéma pour (re)donner voix et images à la population historiquement la plus exposée aux discriminations, à tout ce que Stokely Carmichael définissait comme l’institutional racism (« racisme institutionnel ») de la société américaine, et ce malgré la puissance de feu contraire de l’industrie dite hollywoodienne. Continue reading Rebelles à Los Angeles. Un nouveau cinéma afro-américain

SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

par Lucia Ramos Monteiro (15 avril 2015)

texte initialement paru sur le site www.debordements.fr

SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

 

Le film s’ouvre sur l’image, tournée en 35mm noir et blanc, d’un Indien seul dans une clairière. Avec des gestes précis, il allume un feu et s’installe. Maintenant en couleurs, le film montre un groupe d’Indiens, adultes et enfants, dans ce qui pourrait être la même clairière. Ils jouent, se baignent dans une rivière, puis quelqu’un ravive une braise. Après l’image violente du passage d’un train à grande vitesse à travers la forêt, le jeu d’alternance noir et blanc / couleurs, qui ponctuera d’ailleurs tout le film, se trouve enrichi par l’arrivée d’images de textures et de provenances hétérogènes — 35mm, vidéo, extraits issus d’émissions télévisées, de films institutionnels, de documentaires, de longs-métrages. Ce n’est qu’après ce montage d’images d’archives, terminé à la 25ème minute du film, que nous voyons apparaître à l’écran le titre : Serras da Desordem. Continue reading SERRAS DA DESORDEM : L’UTOPIE DU REGARD DE L’AUTRE ET SA DÉCONSTRUCTION

Dé/montage(s)

« Ceux-là seuls comptent qui se lancent vers l’inconnu. On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d’abord et longtemps, tout rivage. »

André Gide, Les Faux-monnayeurs

 

Nightcleaners, part 1

Cette rétrospective théorique et militante est née d’un sentiment de méfiance croissant envers l’idée que le cinéma pourrait donner sens au réel de façon immédiate. Les films qu’elle rassemble affirment la nécessité d’explorer les puissances plastiques du langage filmique, afin de régénérer le cinéma du réel sur de nouvelles bases. Cette programmation a été conçue comme une sorte de Meccano filmique : un jeu de construction où l’on monte et l’on démonte les formes, les genres, les idéologies du cinéma du réel. La structure porteuse de cet objet en constante transformation, c’est évidemment le montage, qui établit un territoire d’exploration à la fois créative et théorique. Le montage : principe fondamental de composition pour une programmation de films rares et hors norme, tous réalisés à partir d’une conception du sens constructiviste et processuelle. Continue reading Dé/montage(s)