Archives de catégorie : Zoom avant

Entretiens avec Andrea Tonacci

Entretien avec Andrea Tonacci

Recueilli par Daniel Caetano Août 2007, retranscrit par Patrícia Mourão

Publié originalement dans sa version intègrale dans Caetano, Daniel (org). Serras da desordem. Rio de Janeiro, Azougue editorial: 2008.

 

Je voudrais que tu nous parles du processus qui t’as amené à réaliser Serras da desordem

Ce qui m’a conduit à faire ce film est la recherche de connaissance ; le désir d’un humanisme encore possible, la défense de la liberté, que ce soit la mienne, de quelqu’un d’autre, des indigènes … eh bien, on parle aujourd’hui des indigènes car ils ont survécu, mais en réalité n’importe quelle rencontre comme celle-ci, entre cultures qui ne s’étaient jamais vues avant, ne s’étaient jamais touchées, est un processus de connaissance – ou méconnaissance – de l’autre , de mutuelle et immédiate interférence des uns avec les autres. Cela paraît être un mouvement de base, presque embryonnaire, spasmodique, cellulaire, de l’humanité, et non pas seulement une caractéristique qui nous est propre. Quand un contact qui n’est pas obligé, pas forcé, se passe comme il devrait se passer normalement, ce contact peut aussi être un désir de l’autre. Ce n’est pas ce qui se passe avec les indigènes isolés, leur curiosité est une chose, la création d’une dépendance est une autre. Je pense donc que la relation que nous avons établi avec certaines tribus n’est pas un cas particulier, et je pense qu’il convient d’observer, car il est quelque chose qui est très proche de nous ici, c’est cet “autre” qui est l’indigène brésilien, cet autre qui reste isolé dans une forêt à quatre mille kilomètres d’ici, mais du lequel nous ne sommes pas différents en ce qui concerne la dévastation de la forêt intérieure, et le film est un moyen d’aller jusqu’au là, de se reconnaître. Continuer la lecture de Entretiens avec Andrea Tonacci

Voir et revoir Tonacci

Patricia Mourão

 

Já Visto Jamais Visto

 

La dernière image que nous laisse Andrea Tonacci, le dernier plan de son ultime film, Já Visto Jamais Visto (2013), est une image de lui-même. Il fait nuit, il est assis sur son lit, peut-être seul, ou tout au plus avec quelqu’un qui le filme. En plein cadre, il lit, dans sa langue maternelle ­– l’italien – un extrait du Mépris (1954) d’Alberto Moravia. Le texte oppose deux types de réalisations cinématographiques : d’un côté, une équipe aux relations artificielles, de l’autre, l’estime, l’affection et l’amitié entre le réalisateur et ses collaborateurs. Cette deuxième combinaison est rare, estime Moravia par la voix de Tonacci, « de même, en réalité, que les bons films sont rares. » Continuer la lecture de Voir et revoir Tonacci

ING K OU « LA DEMOCRATIE CINEMATOGRAPHIQUE EN ACTION »

par Nicole Brenez

Abandonner ses études en arts plastiques pour secourir les réfugiés à la frontière cambodgienne : un tel mouvement résume la démarche de la journaliste, écrivain et cinéaste Ing Kanjanavanit – délaisser l’académie parce qu’il y a plus d’urgence à secourir son prochain. Ainsi l’art se branche directement sur la violence du réel et s’en trouve reconfiguré, comme en atteste l’œuvre d’Ing K entièrement consacrée aux problèmes politiques, sociaux, religieux, économiques et écologiques de son pays, la Thaïlande ou, comme elle le rappelle, le « Siam », selon son nom anté-fasciste. Continuer la lecture de ING K OU « LA DEMOCRATIE CINEMATOGRAPHIQUE EN ACTION »