Archives de catégorie : Festival 2017

Dé/montage(s)

« Ceux-là seuls comptent qui se lancent vers l’inconnu. On ne découvre pas de terre nouvelle sans consentir à perdre de vue, d’abord et longtemps, tout rivage. »

André Gide, Les Faux-monnayeurs

 

Nightcleaners, part 1

Cette rétrospective théorique et militante est née d’un sentiment de méfiance croissant envers l’idée que le cinéma pourrait donner sens au réel de façon immédiate. Les films qu’elle rassemble affirment la nécessité d’explorer les puissances plastiques du langage filmique, afin de régénérer le cinéma du réel sur de nouvelles bases. Cette programmation a été conçue comme une sorte de Meccano filmique : un jeu de construction où l’on monte et l’on démonte les formes, les genres, les idéologies du cinéma du réel. La structure porteuse de cet objet en constante transformation, c’est évidemment le montage, qui établit un territoire d’exploration à la fois créative et théorique. Le montage : principe fondamental de composition pour une programmation de films rares et hors norme, tous réalisés à partir d’une conception du sens constructiviste et processuelle. Continuer la lecture de Dé/montage(s)

TONACCI : LE CINEMA, L’AFFECTION ET LA VOCATION DU DOUTE

par Cristina Amaral

 

Andrea Tonacci

La force et la beauté du cinéma d’Andrea viennent d’abord, selon moi, de sa posture intègre et inquiète, qui ne s’accommode pas de certitudes, ne suit aucune formule et ne ment jamais. On ne trouvera pas, dans ses films, un seul photogramme dans lequel il n’ait cru complètement.

Ce cinéma désobéissant et risqué qui jaillit de l’écran avec la chaleur, le rythme cardiaque, l’odorat, l’engagement de la vie, ne cède pas à la vanité, au marketing, à l’argent. Il a du caractère, ne se plie pas aux stratégies et exige que nous, spectateurs, ayons également un regard plus attentif, plus réfléchi et moins passif. Il ne simplifie jamais et ne rentre dans aucune case. Il ne s’explique pas. Continuer la lecture de TONACCI : LE CINEMA, L’AFFECTION ET LA VOCATION DU DOUTE