Andrea Tonacci, le cinéma du désordre et de l’infini

Par Sylvain George

Initialement paru sur le site http://www.lafuriaumana.it

« O filme nos obriga a chegar a uma forma porque você tem que fazê-lo.
Mas para chegar nisso é o contrário de uma rigidez, de uma escolha a priori de como tem que ser.
É, de fato, um momento de perda desse tipo de coisa. É mais um instante de “tchau-eu”. »

Andrea Tonacci

J’ai rencontré Andrea Tonacci il y a peu, en août 2015, au Brésil, au Festival Fronteira, sis à Goiana.

Quelques mots pour cet homme que je décrirais comme étant, à l’instar d’un de ses compatriotes Yervant Gianikian, une personne d’une grande élégance : une distance juste, une hauteur – qui ne signifie en rien le fait d’être hautain- rendant l’abord que d’autant plus nécessaire, la simplicité et sobriété de son allure, la justesse de son expression, la clarté et la générosité d’un regard enfantin, une forme certaine d’attention, une délicatesse rimant avec une certaine rudesse, à défaut d’employer un mot trop connoté qui serait celui d’ « exigence »…

S’il existe des coups de foudre en amour, ils en existent tout autant en amitié, et qui se mesure pleinement, aux conversations passionnées, comme aux moments de silence partagés. Ces instants de temps suspendus, rares, O combien chargés, où les mondes se reconfigurent, et se démultiplient en des espaces d’images in-attendus. Des espaces d’images ou, comme l’amitié qui se joue de la durée et de l’étendue, des limites temporelles et spatiales (début/fin), et des « réglages-techniques-biologiques »…, le temps et l’espace sont joués, en un instant. En cet instant, se trouvent être récapitulée et réenvisagée la somme de ce que l’on croyait être à jamais des faillites et des défaites, des manquements et des renoncements et qui s’avèrent être la matière d’expériences nouvelles, de nouveaux débordements ; un « moment » subtil ou se joue la bascule des plateaux du mode majoritaire au mode minoritaire, où le monde se trouve enfin, chacun l’aura éprouvé une fois, à portée de mains, à portée de soi. Où l’on se sent être soi, un instant. L’amitié a en effet peut-être parti lié avec l’hospitalité, et avec elle sans doute, dans ce jeu permanent avec l’altérité, la constitution de communautés sans nom, sans fond, sans appartenance. Vertiges de l’immanence.

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