A propos de akram zaatari

Entretien avec Akram Zaatari

Par Laura Ghaninejad et Jérémy Gravayat, pour Dérives.tv, 2009

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Nous aimerions commencer l’entretien par aborder votre parcours et ce qui vous a amené à faire du cinéma et de la vidéo : comment s’est forgé votre rapport à l’image durant vos années de formation ? Quel chemin vous a mené à la réalisation ?

Il se trouve que j’ai toujours été au carrefour de plusieurs disciplines. Je voulais étudier le cinéma, mais pour diverses raisons j’ai étudié l’architecture et ai obtenu mon diplôme de l’Université Américaine de Beyrouth en 1989. J’ai travaillé comme architecte pendant deux ans, puis suis parti à New York. J’aurais alors beaucoup aimé rejoindre une école de cinéma, mais j’ai fini par faire un master en sciences de la communication et des médias. A New York, j’étais confronté à toutes sortes de pratiques artistiques, notamment la vidéo. Jusqu’à aujourd’hui, je garde cet immense amour du cinéma et de son histoire d’un côté, et un grand intérêt pour l’art contemporain de l’autre.

En l’absence de toute industrie cinématographique au Liban, je me suis retrouvé à nouveau entre plusieurs pratiques. Je suis retourné à Beyrouth en 1995 pour travailler en tant que producteur pour l’émission Aalam al Sabah (Télé-matin) sur la chaîne Future Tv. Celle-ci était une jeune structure qui attirait vers elle beaucoup de ceux qui avaient étudié à l’étranger, et décidé ensuite de retourner au Liban après la fin officielle de la guerre civile. J’ai pu réalisé de nombreux courts-métrages vidéo pendant que je travaillais là-bas. Ceux-ci n’appartenaient pas un genre précis, ils se situaient entre le court-métrage, le documentaire, l’essai vidéo et l’exploration formelle. Parallèlement, je mettais en place de manière active, des programmations de films au théâtre de Beyrouth et par la suite au festival Ayloul.

En 1996, je fis mon premier voyage au festival vidéo de Sao Paolo, Videobrasil et je fus très marqué par ce que je vis là-bas. En plus de la profusion de vidéos et d’installations qui y étaient présentées, ce fut aussi le moment où je fus confronté à un aspect important de l’histoire de la vidéo, grâce à une immense rétrospective du travail de Nam June Paik, de Steina et de Woody Vasulka, des performances de Stephen Vitiello et d’autres. Quelques années plus tard, je réalisais ma première installation vidéo à Beyrouth, Une Autre Résolution, dans le cadre du festival Ayloul, en 1998.

J’ai quitté Future TV en 1997 quand j’ai co-fondé la Fondation Arabe pour l’Image. A partir de là, ce fut le début d’un long voyage, dans un tout autre domaine, à collecter et à étudier une histoire subjective de la photographie.

Dans vos films, vous vous intéressez beaucoup aux images des autres : il semble que la culture populaire notamment (à travers ses différentes formes d’expression dans le cinéma de fiction ou l’archive privée) tient une place importante dans votre travail. Quel rapport aviez-vous, lors de votre enfance, de votre adolescence – dans le cercle familial par exemple – à la pratique photographique ou cinématographique amateur ? Quelle était la place du cinéma dans le Beyrouth de votre adolescence : y avait-il par exemple beaucoup de salles de cinéma ? Quels types de films pouvait-on y voir ? Quels souvenirs de cinéma gardez-vous ?

Il y a quelque chose de magique à travailler avec des images faites par d’autres, en d’autres lieux, à des moments différents. C’est un prolongement de la vision de chacun et de son expérience subjective. J’ai grandi à Saïda, dans le sud du Liban, et y ai vécu jusqu’à mes dix-sept ans, lorsque je me suis inscrit à l’université à Beyrouth. Il y avait à Saïda plus de six grands cinémas où j’ai pu voir des films américains et égyptiens. Le seul film sérieux que j’ai vu dans une salle à Saïda était 1900 de Bertolucci. C’était une séance spéciale organisée par la branche culturelle du parti communiste dans le sud. Les films importants que j’ai vus durant mon adolescence, je les ai vus à la télévision ou sur des VHS louées. C’était cela, mon univers.

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Archives du MoMA : exposition Akram Zaatari , 2013

Dans le cadre de The Elaine Dannheisser Projects Series

About the series: Created in 1971 as a forum for emerging artists and new art, the Elaine Dannheisser Projects Series series has played a vital part in MoMA’s contemporary art programs. With exhibitions organized by curators from all of the Museum’s curatorial departments, the series has presented the work of close to 200 artists to date.

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The Libidinal Archive: A Conversation with Akram Zaatari

Chad Elias pour Tate Papers

In this interview the Lebanese artist Akram Zaatari discusses his  major works of the last fifteen years, addressing some of the crucial questions informing his approach to video, photography and the politics of documentary representation.

From the early 1990s artist Akram Zaatari (born 1966) has developed an interdisciplinary and expansive artistic practice that combines the roles of image-maker, archivist, curator and critical theorist. Whereas in the West this multi-tasking might be seen as the product of a set of pressures imposed by a ‘network capitalism’ that favours flexibility and multi-tasking, in post-civil war Lebanon it is the outcome of a context in which, until very recently, there was very little institutional support for the production and dissemination of contemporary art. In such a situation artists in Lebanon have often found themselves ‘focused on the development of structures without being an arts administrator or a curator, interested in histories without being a historian, collecting information without being a journalist’.

Zaatari is a member and co-founder of the Arab Image Foundation (AIF), a non-profit organisation established in Beirut in 1997 to preserve, exhibit and study photographs from the Middle East, North Africa and the Arab diaspora from the nineteenth century to today. It currently holds a collection of more than 300,000 images, including negatives and prints sourced by its artist-members. Zaatari has undertaken numerous curatorial initiatives centering on the development of the amateur and commercial photographic practices in countries such as Egypt, Lebanon and Syria. But rather than simply using images as evidence of societies in the grips of modernisation, his AIF exhibitions – such as Mapping and Sitting (a project on the history of amateur and professional portrait photography in the Arab world conceived with artist Walid Raad) and the ongoing projectHashem El Madani: Studio Practice have emphasised the performative role that photography plays in fashioning identity.

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Critique.

ZAATARI, IMAGES LONGUE CONSERVATION

Par Eric Loret pour Libération 

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Vidéo . Au Magasin de Grenoble, l’artiste d’origine libanaise interroge les notions d’identité et de lien entre documentaire et fiction.

On associe beaucoup Akram Zaatari, né en 1966, à la photographie. Des images récoltées dans les studios arabes des années 50 ou plus récentes, de son Liban natal au Maghreb en passant par le Golfe, des photos de famille aussi, pas la sienne. On en a vu à l’Institut du monde arabe, à Paris Photo, à Arles, il y en a en ce moment à la collection Setari à la Maison rouge, à Paris. Images souvent homoérotiques, souvent issues du studio Shéhérazade de Saïda avec son photographe perché Hashem el-Madani. Ce travail de monstration est étroitement lié à la Fondation arabe pour l’image(AIF), que Zaatari a cocréée en 1997 à Beyrouth, et qui vise à conserver et étudier les pratiques photographiques vernaculaires via des projets artistiques et universitaires.

L’autre facette de Zaatari, c’est le film. On a pu le croire réalisateur de documentaire (à Beaubourg, dans les festivals). Mais l’exposition «Aujourd’hui à 10 ans/This Day at Ten», présentée au Magasin de Grenoble, le prouve définitivement artiste vidéo.

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Et aussi: la chaîne Vimeo de Akram Zaatari