Journal du réel n°4 : Entretien avec Szymon Zaleski

« Happy End », Szymon Zaleski, Belgique, 2009, 50 min

Aujourd’hui, 17h, Cinéma 1 / Mercredi 24, 18h45, Petite salle / Jeudi 25, 10h, CWB

Votre père est décédé d’un cancer du rein lorsque vous étiez enfant. Devenu adulte, avez vous pensé quelquefois que vous pourriez avoir un cancer également ?

Szymon Zaleski : Non, jamais.

Que s’est-il passé en vous lorsque vous avez appris que vous aviez un cancer ?

La même chose que chez tout le monde.

En parallèle des traitement allopathiques, vous décidez d’aller voir des chamans. Comment vous vient cette idée ? Comment trouvez vous les filières ?

C’est un médecin qui m’a suggéré d’aller voir un chaman et  je me suis dit : pourquoi pas ?  Une fois sur place, c’est facile. Tout le monde connaît un chaman.

Croyez vous que les chamans ont la même forme de pensée que les médecins allopathiques, quand il s’agit de guérir ?

Je peux vous assurer qu’ils n’ont pas du tout la même forme de pensée que les médecins occidentaux.

Comment a réagi votre médecin traitant quand vous lui avez dit que vous alliez en Amérique latine pour rencontrer des chamans ?

Il a dit, « on va voir qui est plus fort, lui (le chaman) ou moi »

Pour l’instant, c’est  match nul.

Votre film est entrecoupé d’intermèdes, comme des pirouettes, est-ce qu’ils représerntent vraiment vos pensées pendant la maladie ?

Pas du tout, c’est du cinéma.

Quelle relation aviez vous avec les chamans ? Quelquefois vous semblez attendre autre chose pendant leurs “traitements”…

Je m’attendais à quelque chose de « magique », une sorte de voyage intérieur, de remontée dans le temps.

Chez un des chamans, un homme vous chante une chanson. Les paroles sont des revendications militantes. Comment réagissez-vous à ces propos ?

L’Amérique du Sud croit encore au socialisme. Nous, en Pologne, nous l’avons déjà eu.

Inciteriez-vous les personnes atteintes de cancer à aller voir des chamans ?

Oui. Au moins ils feront un beau voyage.

Combien de temps a duré le traitement de votre maladie ?

Cela dure depuis 6 ans.

Ce film laisse une interrogation, Happy End marque t-il la fin de votre maladie ?

Le titre est ironique, la fin de ma maladie c’est la mort.

Les dernières images de votre film montrent une petite fusée qui part dans l’atmosphère. De quoi est-elle la métaphore ?

C’est la métaphore des adieux.

Propos recueillis par email par Lydia Anh